Karine Mimoun lorsqu'elle etait enfant a baigné dans l'art et la beauté

Comment je suis devenue artiste plasticienne :

du dessin d’enfance à mon langage plastique singulier

Je suis souvent interrogée sur mon parcours, sur la manière dont je suis devenue artiste plasticienne après vingt ans de direction artistique dans le secteur du luxe. Cet article retrace ce chemin, de mes premières fascinations pour l’art jusqu’à la naissance de mon langage plastique singulier, fait de visages sculptés, moulés et peints comme des gemmes précieuses.

 

Une enfance bagnée dans l’art et la beauté

 

Depuis ma plus tendre enfance, l’art a toujours été une fascination pour moi. J’aimais dessiner, visiter les musées parisiens, observer ces villes où l’art s’impose à chaque coin de rue.

Ma mère, vénitienne, m’a très tôt sensibilisée à la beauté sous toutes ses formes : l’architecture, les tableaux, les retables que l’on découvre dans les églises italiennes. Cette double culture, entre Paris et Venise, a façonné mon regard et nourri mon goût pour les matières précieuses et les compositions denses, héritage que l’on retrouve aujourd’hui dans mes œuvres.

Une double formation entre communication visuelle et beaux-arts


Jeune adulte, j’ai choisi de suivre une double formation à Genève : à la HEAD (Haute École d’Art et de Design) en communication visuelle, et aux Beaux-Arts de Genève en peinture. Cette double approche, à la fois conceptuelle et picturale, a posé les fondations de ma pratique actuelle.


J’ai ensuite débuté ma carrière en tant que directrice artistique, d’abord en agence de communication, puis en freelance. Cette période m’a permis d’élargir mon champ d’expertise vers l’illustration, tout en travaillant pour de grandes maisons.


En parallèle de cette carrière, je n’ai jamais cessé de pratiquer mon art en amateur : la peinture, puis le portrait, puis la sculpture. Cette pratique continue, bien que secondaire pendant deux décennies, a constitué un terrain d’expérimentation constant.

2022 : Le choix de devenir artiste plasticienne à plein temps

 

En 2022, j’ai pris la décision de me consacrer exclusivement à ma pratique artistique. C’est à ce moment qu’est né mon langage plastique singulier, qui combine sculpture, peinture et mosaïque.

L’idée est venue d’un moment simple et personnel : un après-midi passé avec ma fille aînée à sculpter de petites têtes en plastiline, chacune haute de quatre centimètres, avec un fond plat. De ce geste presque anodin a émergé une intuition : créer des tableaux à partir de ces figures modelées.

karine Mimoun artiste plasticienne basée à paris entourée de ses tableaux sculpturaux et sa grande sculpture de sa collection 1-cosmogonie
Portrait de l'artiste plasticienne Karine Mimoun dans son atelier entourée de ses tableaux et sculpture de la collection 1-Cosmogonie.

De l’intuition à la technique :

la naissance d’un procédé

 

Pour donner corps à cette intuition, j’ai dû résoudre un premier défi technique : réaliser des moules en silicone pour pouvoir dupliquer mes modèles. Mes premiers essais ont consisté en de petits tableaux composés uniquement d’une juxtaposition de têtes moulées en plâtre, peintes, puis rehaussées de feuilles d’or.

Très vite, une nouvelle idée a affiné le procédé : composer de véritables symboles à partir de cette juxtaposition de têtes, plutôt qu’un simple assemblage. Pour que chaque visage gagne en présence et en intensité, j’ai choisi de les peindre comme des pierres précieuses, dans des palettes inspirées de gemmes et de minéraux.

 

La jonction de trois techniques (sculpture, peinture et mosaïque), source d’un style unique

 

Pour que l’ensemble gagne en harmonie et en intensité, j’ai porté le même soin au fond qui entoure chaque symbole : texture, relief, peinture irisée et ornements à la feuille d’or. C’est précisément cette jonction entre sculpture, peinture et mosaïque qui a été le déclencheur d’un style véritablement singulier, celui qui définit aujourd’hui ma pratique.

Ce langage plastique, né d’un geste intime avec ma fille, est devenu une signature artistique reconnaissable : des œuvres à double lecture, où chaque pièce s’impose de loin par sa présence et se révèle de près par la richesse de ses détails.

Une démarche en perpétuelle évolution

 

Depuis cette naissance en 2022, ma pratique n’a cessé de s’enrichir. La collection 1-Cosmogonie, composée de pièces grand format inspirées des mythes fondateurs de civilisations disparues, a marqué une première étape. Les formats plus petits et intimes, lancés plus récemment, prolongent ce langage à une échelle différente, tout aussi habitée par le détail et la matière.

Mon parcours de vingt années en direction artistique pour des maisons comme Dior, Louis Vuitton ou Guerlain continue de nourrir mon exigence du détail et ma sensibilité aux matières précieuses, aujourd’hui mises au service d’une pratique entièrement personnelle.